Depuis quelques jours, c’était l’un des sujets favoris de discussion entre collègues de travail : qui vient au travail pendant la grève de la RATP et de la SNCF ? Et surtout comment ?
Aujourd’hui, la réalité est là. Et pour moi qui habite le 19ème arrondissement, cette réalitté n’est pas aussi catastrophique que celle présentée dans les médias.
Bien sûr, ce matin, j’ai dû marché 20 minutes pour aller Gare de l’Est prendre un métro (ligne 4 : 1 métro toutes les 8 minutes). D’habitude, je descends au pied de mon immeuble et je marche 100 mètres pour arriver à ma station (Riquet ligne 7). Mais pour ceux qui me connaissent, cette marche matinale a été un exercice physique indispensable.
Le problème qui se pose est de rentrer ce soir en métro. Le mois dernier, j’ai dû rentrer à pied. Cela m’a pris 1h30. j’espère échapper à la marche à pied pour rentrer. Vous me direz que je pourrais prendre un vélib. Mais outre le fait que la circulation en vélo dans Paris est déjà dangereuse en temps normal, je n’ose imaginer la situation ce soir lorsque les automobilistes seront énervés par une journée de circulation dans Paris. De plus, je dois bien avouer que faire du vélo n’est pas un plaisir pour moi. Je préfère la marche.
Au-delà de ces considérations, la grève d’aujourd’hui (et peut être des jours à venir) est en grande partie imputable à l’attitude et aux mesures prises par le gouvernement et surtout par le président de la république. En effet, lorsque l’on fait 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus privilégiés de Français, lorsque l’on triple son traitement, lorsqu’on mène une politique de revanche contre les plus fragiles, on ne peut pas prétendre agir pour tous, on ne peut pas prétendre défendre l’intérêt des salariés.
Le combat autour des régimes spéciaux dépasse ces seuls régimes de retraites. Il est pour la Droite un symbole : celui de l’affirmation du libéralisme français. 30 ans après le gouvernement Tatcher en Grande-Bretagne, Nicolas Sarkozy a décidé de faire de ce mouvement social une épreuve de force pour imposer l’idée que les privilégiés sont les salariés et non pas les rentiers.
Ce combat est d’autant plus symbolique qu’il est à la fois le point de cristallisation de nombreux mécontentements mais aussi le prélude à un mouvement plus large (étudiants, enseignants et fonctionnaires) qui porte sur la question fondamentale du pouvoir d’achat. Qu’a fait ce président qui pourtant s’était proclamé, durant la campagne présidentielle, le “président du pouvoir d’achat” : rien. En fait, je suis injuste car de “président du pouvoir d’achat” il est devenu le “président de son pouvoir d’achat”.
Certains pourraient me rétorquer que la défiscalisation des heures supplémentaires augmentera le pouvoir d’achat. En réalité cette mesure est un leurre. Pourquoi ? D’abord parce qu’il serait quand même extraordinaire de ne pas gagner plus lorsque l’on travaille plus. Mais surtout c’est un leurre car ce n’est jamais le salarié qui decide faire des heures supplémentaires mais son patron. or celui-ci ne peut proposer des heures supplémentaires que s’il en a à distribuer lorsque l’activité économique le permet.
Face à ce gouvernement et à ce président qui ne voit pas l’intérêt des plus favorisés, qui mène une politique de classe, les organisations syndicales (notamment la CGT) ont montrés leur bonne volonté en proposant des négociations tripartites (Gouvernement, Entreprises, Syndicats) par entreprises.
Il sera intéressant de voir l’attitude de ce gouvernement.
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